Une rupture, ce n’est pas toujours simple. Suivant le temps et ce qu’on a construit ensemble, il y a des démarches, plus ou moins faciles, plus ou moins douloureuses à gérer. La plupart du temps, une rupture est considérée comme un échec. Les raisons sont diverses et variées et propre à chacun dans la décision de rompre. Mais dans tous les cas, elle est le résultat d’une incompatibilité d’entente entre deux personnes.
Après quasiment dix ans de vie commune, mon célibat tout neuf me plaît. Il faut dire que, de par mon expérience de vie, j’ai tendance à faire passer les autres avant moi. C’est ce que j’ai fait avec lui. Je lui étais reconnaissante de ce qu’il m’apportait au point que je me suis oubliée en route.
Mais aujourd’hui, une toute nouvelle page se tourne.
Il y a quelques temps, j’ai eu un déclic. Je me suis demandé à quel moment j’avais arrêté de danser. Pas au sens propre, mais en réalité, quand avais-je décidé de mettre de côté ce qui me faisait vraiment vibrer dans ma vie.
Dans une relation de couple, nous sommes deux entités. Plus ou moins connectées. Pour ma part, je suis quelqu’un d’adaptable avec un passé compliqué (comme ça doit arriver à plein de gens, je ne suis pas une exception). J’ai donc rencontré un homme avec un peu plus de caractère et des opinions bien tranchées. Par gratitude pour ce qu’il m’apportais, j’ai tout accepté et lui ai laissé toute la place qu’il voulait. Ce qui a coincé, c’est quand j’ai recommencé à prendre confiance en moi et que j’ai essayé de m’affirmer. Ayant un refus catégorique face à moi concernant ce qui n’entrait pas dans ses cases, je me suis créé mon jardin personnel, gardant pour moi mes goûts et mes intérêts personnels, même si parfois, ça débordait un peu. Et c’est allé crescendo jusqu’à la rupture.
Depuis que nous ne vivons plus sous le même toit, la pression que je subissais est retombée. Cette pression, je la ressentais dans mon corps. J’avais une douleur physique constante, qui, bien qu’elle trouve son origine dans un dysfonctionnement réel, a quasiment disparu au quotidien. Elle encore sait se faire rappeler à l’occasion, mais plus pour les mêmes raisons…
Cette pression, lors de notre colocation forcée, était toujours présente. Elle était comme paralysante. Cette peur du jugement de l’autre envers toutes les actions à mener me bloquait dans mes réalisations.
Aujourd’hui, je me sens libérée. J’ai le droit de m’habiller sans avoir à plaire à quelqu’un d’autre que moi-même. Je peux manger ce dont j’ai envie au moment où j’en ai envie. Je peux être réellement tranquille pour lire un livre jusque tard dans la nuit si je veux. Je peux regarder tous les épisodes de mes séries préférées sans avoir de commentaires négatifs. J’ai un grand lit pour moi toute seule et personne pour me piquer la couette. Je peux organiser mon temps comme je l’entends, sans avoir à anticiper les besoins et les réactions de quelqu’un d’autre. Et je suis plus productive dans mes recherches d’emploi. Bref, je n’ai plus de compte à rendre à mon binôme. Et plus de pression.
Même si je me retrouve seule pour assumer ma vie et que je n’ai plus la sécurité de ce qu’apporte une vie de couple, je ne suis pas malheureuse pour autant. Le plus dur, c’est le regard que les autres posent dessus. Les gens sont désolés pour moi quand ils découvrent la rupture… Mais ça sert à quoi ? Oui, c’est dur, une rupture, mais dans le fond, se retrouver seul, avec un peu d’adaptation, ça peut le faire. Ce qu’en pensent les autres n’est pas mon problème.
Être seule avec soi-même, c’est réapprendre à se connaître, à se faire confiance, à tester ses limites, à voir comment on a évolué, à savoir ce qu’on veut et ce qu’on ne veut plus. Je sais que je suis la seule responsable de mon bonheur, et je trouve tellement plus simple de l’appliquer en étant célibataire. Et ça, c’est cool. Quant à savoir si cela durera, qui sait. Mais on en reparlera plus tard.
