Pôle Emploi offre la possibilité de découvrir les métiers en conditions réelles. C’est grâce à ce dispositif que j’ai pu m’initier à la tapisserie d’ameublement au sein d’un vrai atelier.
Voici donc, le premier siège qui est passé partiellement entre mes mains.

Il s’agit d’un fauteuil Bridge des années 30.
C’est un siège à dossier bas légèrement incliné avec des bras ajourés (mais ils peuvent aussi être pleins selon les modèles). Il est destiné à être installé dans le séjour, mais il trouvera également sa place dans une chambre, un bureau, un dressing…
Ce type de siège, porte le nom de Bridge en raison du passe-temps favori des dames des années 30. Prendre le thé tout en jouant aux cartes nécessitait bien un fauteuil spécifique. Il allie esthétisme, confort et praticité. Ses dimensions compactes permettait aux joueuses de pouvoir le déplacer aisément. Plus confortable et moins lourd qu’un fauteuil classique, le Bridge est un parfait hybride et il ne fallait rien de plus pour qu’il rencontre le succès.
De nombreux modèles ont été fabriqués entre les années 30 et 50. Certains diffèrent beaucoup du fauteuil original en terme de forme, hauteur et dimensions. Certains sans accoudoirs (est-ce toujours un fauteuil dans ce cas?), d’autres sans interstice entre l’assise et le dossier. Il reste néanmoins un fauteuil de charme pour nos intérieurs.

Ce fauteuil sera rénové partiellement. En temps que novice, j’avais idée qu’un fauteuil était toujours dégarni en intégralité, d’autant que la forme des ressorts est visible en transparence. Pour celui-ci, il s’agira uniquement de retirer la couverture et de retendre les ressorts de l’assise avant de le recouvrir d’un nouveau tissu. Des sangles de jute viennent renforcer celles déjà en place, à l’aide de la technique du 5/4/3. Une fois le dessous aplani, la remise au propre du siège peut commencer.

J’ai posé une nouvelle toile de jute par dessus l’ancienne, en m’appliquant à la tendre autant que possible.

Après la pose d’une mousse sur l’assise, celle permettant d’atténuer la visibilité des ressorts en transparence, j’ai posé une toile de propreté, qui m’a permis de tendre encore un peu plus les ressorts. Pour le dossier, la subtilité est de tendre la toile verticalement, sans trop l’étirer horizontalement afin de sauvegarder la courbure vers l’intérieur.

Pose de la ouate, avant la dernière étape, la plus attendue!

La toile de couverture fait son entrée. Pour ce Bridge, il s’agira d’un velours vert anis. Le velours est une jolie matière, apportant brillance et reflets. Il conviendra cependant de bien le lisser dans le sens du poil au fur et à mesure du travail afin qu’il ne marque pas.

Tu constateras ces vilains plis au bas de l’assise. J’ai fait mon maximum afin de les faire disparaître, mais impossible… Pourtant j’ai eu ce bridge et son jumeau pour m’essayer en vain. Ce sera un des points qu’il me faudra travailler par la suite.

Création et pose du passepoil qui est du même tissu que celui de la couverture.

Pose de la couverture du dossier arrière. Il s’agit de tendre celui-ci et de le coudre avec une aiguille recourbée à point caché. En voyant cette photo, l’expression « être tiré à 4 épingles » prend tout son sens!

Après la pose d’une toile de propreté en-dessous (que je n’ai pas pris en photo), quelques finitions de mon maître de stage, le duo de bridges est prêt à être livré. Je suis plutôt contente du résultat, et je pense ne pas m’en être trop mal sortie pour une première!
