Mon maître de stage m’a offert la possibilité d’utiliser son matériel et ses fournitures afin de réaliser la rénovation d’un bridge que je garderai pour moi.
Il y a suffisamment de plateformes sur internet pour trouver mon bonheur. Après avoir hésité entre une chaise Louis XVI rococo (vendue comme une Louis XIV), un bridge à dossier moustache, j’ai finalement opté pour un bridge où le dossier se repose sur l’assise.

Si je ne me trompe, il s’agit d’un modèle des années 50 en chêne. Ses accoudoirs sont arrondis. En regardant le dessous du siège, l’assise semble avoir souffert et demandera certainement un peu de travail. Le tissu de couverture bleu a été un peu posé n’importe comment.
En commençant le dé-garnissage, j’ai pu me rendre compte qu’il a déjà été retapissé, avec plus ou moins de succès. Le dessous de l’assise en est une preuve.

Les sangles de jute d’origine, très fatiguées, sont toujours présentes. D’autres sangles plus récentes ont été ajoutées après la recouverture du siège.Celles-ci n’ont pas été suffisantes pour permettre à l’assise de se maintenir en place. Pour moi, cette technique a été utilisée par un novice autodidacte, qui n’avait pas forcément toutes les notions pour exécuter la remise en état de manière professionnelle. Après, il n’y a que celui qui ne fait rien qui ne fait pas d’erreurs 🙂
Dé-garnissage, donc :
Enlever les semences et les crampillons, petit à petit, au fur et à mesure de ce que les précédents dévoilent. Le tissu bleu laisse lui aussi apparaître la précédente couverture du fauteuil, qui n’a pas été enlevée :

Étant complètement novice dans le nom des tissus (quand je les choisis, c’est à la texture, au toucher uniquement. Je ne prends pas forcément le temps de regarder où retenir le nom… Il n’y a que le velours que j’aime vraiment beaucoup 😛 ), tout ce que je peux en dire, c’est qu’il a un joli toucher satiné. Ce joli tissu rose à motifs, a également laissé apparaître un velours rose. Ce dernier a servi de toile forte. Il présente énormément d’usure. Je trouve le crin assez noir, contrairement à celui qu’il y avait sur le duo de bridges sur lesquels j’ai travaillé précédemment. Sur la photo ci-dessus, les sangles et ressorts sont totalement détachés du dessous. Il ne restera que le dessus de l’assise à libérer. Nous garderons le sanglage, le crin et la toile de jute du dossier.

Une fois mis à nu, l’assise doit être refaite entièrement. Cirage des éléments apparents. Les accoudoirs peuvent être dévissés, ce qui facilitera la couverture finale du fauteuil. Par souci de temps, nous utiliserons des sangles élastiques. J’étais excitée à l’idée d’utiliser des ressorts, mais les bridges ne sont pas des fauteuils de très grande valeur. Lorsque des clients en demandent la réfection, mon maître de stage m’indique qu’il fait en sorte que cela soit le moins coûteux possible pour le client. Il utilise donc la technique contemporaine avec sangles élastiques et mousse qui est plus rapide.

Prise dans la réalisation, je n’ai pas pris de photo de toutes les étapes. Ci-dessus, tu peux voir les sangles élastiques et les profilés en mousse. Ces profilés seront collés. de la mousse sera ajoutée afin d’obtenir la forme rebondie de l’assise. La première forme sera biseauté pour épouser les profilés. La seconde sera distante de 8 cm de chaque bord. La troisième sera découpée aux dimensions de l’assise et sera collée de façon à arrondir l’assise.
Le dossier se voit renforcé par une sangle de jute à l’arrière afin de retendre le crin resté en place.
Vient ensuite la pose de la toile forte qui maintient en place la mousse de l’assise et le crin du dossier, ainsi qu’une épaisseur de ouate qui vient lisser un peu plus la forme.
Vient maintenant la pose du tissu de couverture. J’ai été conquise par un velours bleu pétrole brillant et bien épais. Grand bien m’en a pris… Les coutures à points cachés n’ont pas été des plus faciles, mais on a rien sans rien 🙂 . Découpe des morceaux et mise en tension à la semence sur le fauteuil. La découpe autour des éléments de bois est moins rude cette fois-ci, ce qui ne veut pas dire qu’elle demande moins de précisions. Je veux juste dire que les erreurs seront moins visibles 😛 . Une fois le tissu bien en place, on le fixe afin d’avoir le moins possible d’épaisseurs de tissus. Surtout pour les coins supérieurs du dossier 😉 . Fabrication d’un passepoil, agrafage de celui-ci et couture à points cachés du tissu de couverture de l’arrière. Bien sûr, on aura pas oublié de revisser les accoudoirs avant de sceller l’arrière du dossier et le dessous de l’assise.
Dernière étape, la toile de propreté sous le fauteuil, et voici le résultat :

Magnifique non? En tout cas, moi, je suis conquise.
Malgré quelques erreurs de débutant, ainsi que quelques défauts visibles du précédent retapissage, je suis fière du résultat !
