Se dévêtir de la douleur

Tant d’années à croire que mon corps était meurtri.
Tant d’années à croire que les dommages m’accompagneraient toute ma vie.
Tant d’années à croire que la douleur serait à jamais mon amie.
Tant d’années à prendre ce mal pour acquis.

Ce mal qui me laisse à la traîne, qui me cause tant de peine, qui nourrit mon désespoir et me laisse dans le noir, qui m’ankylose dans la fatalité, m’empêchant de me relever…

Tant d’années à accepter ce qui n’avait pas lieu d’exister…

Peut-être avais-je besoin de croire à cette idée comme un exutoire.
Peut-être que ces mots barbares ont été plus forts que mon espoir.
Peut être que ces maux transitoires devaient faire leur temps pour être libératoires.
Peut-être avais besoin de croire à cette prison illusoire.

Besoin de tomber pour mieux me relever, pour mieux danser, pour mieux vibrer d’une nouvelle liberté. Il me fallait toutes ces années à m’apitoyer, pour l’accepter et ne plus être limitée.

Aujourd’hui est venu le temps du mouvement, de réveiller ces muscles assoupis trop longtemps. C’est l’heure de me relever promptement, d’abandonner une idée qui a fait son temps.

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