Le chant de la montagne

Leur chant résonne dans la montagne, telle une oraison funèbre. Le son grave de leurs voix est hypnotique, presque chamanique. Cela prend aux tripes. Cela vibre de l’intérieur. C’est ça, la magie du chant des Nains s’élevant des entrailles de la terre.

Tout le monde sait le caractère sanguin de ce peuple, leur courage et leur habileté à la forge. Ils créent les armes les plus solides et les plus finement ciselées, à la manière des orfèvres, offrant des entrelacs des plus délicats et travaillés.

Peu de gens du monde d’en-haut s’aventurent dans les mines naines. Elles représentent un monde infernal, avec la chaleur intense des hauts fourneaux, les cuves pleines de métaux en fusion. Le bruit des marteaux retentissent jours et nuits contre les parois des tunnels, créant un écho perpétuel s’échappant de la montagne. Un cri monstrueux, métallique dans les entrailles de la terre. La montagne des Nains est un monstre hurlant en permanence.

Ce bruit constant tient à distance toute créature. Mais quelques téméraires s’aventurent parfois dans les galeries pour obtenir une arme digne de ce nom afin de mener leurs aventures dans le vaste monde. Les monceaux d’or que reçoivent les nains en échange de leur labeur est la seule condition d’assurer aux visiteurs de garder leurs têtes sur leurs épaules. Les forges, les mines tournent toujours à plein régime.

Mais cette nuit, la montagne hurlante se tait, laissant s’échapper une litanie lente et profonde, une prière lancée vers les cieux, un appel aux anciens dieux pour servir d’escorte à leur frère éteint.

Un dernier chant pour accompagner une âme valeureuse dans l’autre monde.

Ce soir, le Roi des Nains est mort.

Défi d’écriture par Madame Kea Ring : écrire une histoire courte en 30 minutes.

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